AWS : l'incontournable du cloud computing

Services, certifications, débouchés métier : un guide complet pour comprendre AWS, la plateforme cloud dominante que tout professionnel de l'IT doit connaître.
Auteur :
Clément JUPILLIAT
10
min
de lecture
Mis à jour le
22/6/2026

Il y a une technologie que l'on retrouve dans pratiquement toutes les offres d'emploi liées aux infrastructures, au développement backend, à la cybersécurité ou à la data : Amazon Web Services, plus connu sous l'acronyme AWS. Première plateforme cloud au monde avec plus de 30 % de part de marché mondial devant Microsoft Azure et Google Cloud, AWS est utilisé par des millions d'entreprises dans 245 pays — des startups en cours de lancement jusqu'aux gouvernements en passant par Netflix, Airbnb, Spotify ou la NASA.

Pour un futur professionnel de l'IT, la question n'est donc pas vraiment de savoir si AWS sera utile dans sa carrière. La vraie question, c'est à quel niveau il faudra le maîtriser. Faisons le point.

Qu'est-ce qu'AWS exactement ?

AWS est une plateforme de services cloud proposée par Amazon depuis 2006. L'idée de départ était simple : au lieu d'acheter et de gérer des serveurs physiques, les entreprises pourraient louer de la puissance de calcul, du stockage et des services réseau à la demande, facturés à l'usage.

Ce modèle — que l'on appelle le cloud computing — a transformé en profondeur la façon dont les applications sont construites, déployées et maintenues. Avant AWS, lancer un service web nécessitait d'investir dans du matériel, de négocier des contrats d'hébergement, de gérer manuellement la montée en charge. Aujourd'hui, on peut déployer une application mondiale en quelques minutes, l'étendre automatiquement selon le trafic et ne payer que ce que l'on consomme réellement.

AWS propose aujourd'hui plus de 200 services distincts, organisés en grandes familles : calcul, stockage, bases de données, réseau, sécurité, intelligence artificielle, IoT, analytique. Cette amplitude est l'une des raisons de sa domination : rares sont les besoins qu'AWS ne couvre pas nativement.

Les services AWS à connaître en priorité

Il serait illusoire — et contre-productif — de vouloir tout apprendre d'AWS d'un coup. En pratique, une poignée de services constituent le cœur de l'écosystème et se retrouvent dans la quasi-totalité des architectures cloud.

EC2 : la brique de calcul fondamentale

Amazon EC2 (Elastic Compute Cloud) permet de louer des serveurs virtuels, appelés instances, configurables selon les besoins en CPU, mémoire et stockage. C'est la porte d'entrée naturelle dans AWS : avant de parler de services managés ou de serverless, comprendre comment fonctionne une instance EC2, comment la sécuriser et comment la dimensionner reste une base indispensable pour tout profil infrastructure ou DevOps.

S3 : le stockage objet universel

Amazon S3 (Simple Storage Service) est un service de stockage objet qui permet de conserver n'importe quel type de fichier — images, vidéos, logs, sauvegardes, modèles de machine learning — à très grande échelle, avec une durabilité garantie à 99,999999999 %. S3 est l'un des services AWS les plus anciens et les plus utilisés : il alimente des millions d'applications web et sert de socle à de nombreux autres services de la plateforme.

RDS et DynamoDB : les bases de données managées

AWS propose deux approches principales pour les bases de données. Amazon RDS (Relational Database Service) gère les bases relationnelles classiques (PostgreSQL, MySQL, MariaDB, Oracle, SQL Server) sans que l'équipe ait à s'occuper des mises à jour, des sauvegardes ou de la haute disponibilité. Amazon DynamoDB, de son côté, est une base NoSQL clé-valeur conçue pour des performances à très faible latence à très grande échelle — c'est ce qui alimente, entre autres, le panier d'achat d'Amazon.

Lambda : l'exécution serverless

AWS Lambda représente une évolution majeure du modèle cloud : il permet d'exécuter du code sans gérer aucun serveur. On écrit une fonction, on définit l'événement qui la déclenche (un appel HTTP, un fichier déposé sur S3, un message dans une file d'attente), et AWS se charge du reste — allocation, exécution, facturation à la milliseconde. Le serverless a profondément changé la façon d'architecturer des backends modernes et légères.

IAM : la sécurité avant tout

AWS IAM (Identity and Access Management) est le système de gestion des identités et des droits sur AWS. Comprendre IAM, c'est comprendre comment contrôler qui peut accéder à quoi au sein d'une infrastructure cloud. C'est une compétence transversale, aussi attendue d'un développeur que d'un administrateur systèmes : une mauvaise configuration IAM est l'une des causes les plus fréquentes de failles de sécurité cloud.

VPC, CloudWatch, et l'écosystème réseau et supervision

Amazon VPC (Virtual Private Cloud) permet de définir un réseau virtuel isolé dans l'infrastructure AWS, avec ses propres règles de routage, sous-réseaux et points d'accès. CloudWatch assure quant à lui la supervision de l'ensemble des ressources : métriques, logs, alertes, tableaux de bord. Ces deux services sont indissociables d'une architecture cloud sérieuse.

AWS dans les métiers de l'IT : qui est concerné ?

Ce qui fait la particularité d'AWS par rapport à d'autres technologies, c'est sa transversalité. Ce n'est pas une compétence réservée à un seul métier.

Les développeurs backend et fullstack s'appuient sur EC2, Lambda, RDS, S3 et API Gateway pour déployer et faire évoluer leurs applications. La capacité à architecturer un backend cloud est aujourd'hui considérée comme une compétence différenciante, sinon standard, dans les fiches de poste.

Les administrateurs systèmes et réseaux gèrent les infrastructures cloud en lieu et place — ou en complément — des infrastructures physiques traditionnelles. La migration d'un parc serveur on-premise vers AWS est une réalité courante dans les DSI, et les profils capables d'accompagner cette transition sont particulièrement demandés.

Les ingénieurs DevOps utilisent AWS comme terrain de jeu principal pour l'intégration continue, le déploiement automatisé et l'infrastructure as code. Des outils comme AWS CodePipeline, CloudFormation ou Terraform (qui s'interface avec AWS) sont au cœur de leur quotidien.

Les data engineers et data scientists exploitent des services comme Amazon Redshift (data warehouse), AWS Glue (ETL), Amazon SageMaker (machine learning) ou Amazon Kinesis (traitement de flux de données en temps réel). AWS est l'une des plateformes data les plus complètes disponibles.

Les profils cybersécurité doivent maîtriser IAM, AWS Shield, AWS WAF et les services d'audit comme AWS CloudTrail pour sécuriser des environnements cloud qui sont aujourd'hui la cible principale des attaques.

Chez nous à Coda, nous intégrons AWS dans plusieurs de nos formations — que ce soit en Bachelor Informatique, en Mastère Architecture & Développement Logiciel ou encore en Master of Science Cybersécurité — précisément parce que les recruteurs l'attendent sur les CV, quel que soit le métier visé.

Les certifications AWS : une valeur ajoutée concrète sur le marché

AWS propose un programme de certifications officiel, structuré en plusieurs niveaux. Ces certifications sont reconnues par les recruteurs et constituent souvent un critère de sélection dans les appels d'offres.

Le point d'entrée recommandé est la AWS Certified Cloud Practitioner : une certification fondatrice, sans prérequis technique, qui valide une compréhension globale de l'écosystème AWS (modèle de facturation, grands services, bonnes pratiques de sécurité, architecture de base). Elle s'adresse autant aux profils techniques qu'aux profils métier souhaitant comprendre le cloud.

Le niveau Associate comprend trois spécialisations : Solutions Architect Associate (la plus passée dans le monde), Developer Associate et SysOps Administrator Associate. Ces certifications valident une capacité à concevoir, déployer et administrer des architectures cloud concrètes.

Le niveau Professional (Solutions Architect Professional, DevOps Engineer Professional) et les Specialty (Security, Machine Learning, Data Analytics, Advanced Networking…) s'adressent à des profils expérimentés, avec généralement plusieurs années de pratique AWS derrière eux.

Pour un étudiant en école informatique, cibler la Cloud Practitioner puis l'une des certifications Associate en fin de cursus est une stratégie cohérente et valorisante à l'embauche.

AWS face à ses concurrents : Azure et Google Cloud

AWS, Azure et Google Cloud forment le trio dominant du cloud mondial — souvent désigné sous le terme de hyperscalers. Comprendre leur positionnement respectif aide à choisir sur quoi se former en priorité.

AWS est historiquement le premier entré sur le marché (2006) et conserve la part de marché la plus large. Son écosystème de services est le plus étendu et sa communauté de certifiés la plus large au monde. Pour un premier contact avec le cloud, AWS reste la référence.

Microsoft Azure est le concurrent le plus sérieux, porté par l'intégration avec l'écosystème Microsoft (Active Directory, Office 365, Visual Studio). Il est particulièrement présent dans les grandes entreprises et les environnements hybrides (cloud + on-premise). Les profils orientés administration systèmes Windows y trouveront des repères familiers.

Google Cloud Platform (GCP) est plus petit en part de marché mais dispose d'un avantage significatif dans les domaines de l'IA, du machine learning (TensorFlow, Vertex AI) et du traitement de données à grande échelle (BigQuery). Il est particulièrement plébiscité par les entreprises tech natives du cloud.

En pratique, les concepts fondamentaux du cloud (calcul, stockage, réseau, IAM, conteneurs, serverless) se transfèrent d'une plateforme à l'autre. Maîtriser AWS sérieusement facilite grandement la montée en compétences sur Azure ou GCP.

Comment se former à AWS concrètement ?

La formation à AWS peut emprunter plusieurs chemins complémentaires.

La pratique en Free Tier. AWS propose un niveau gratuit (Free Tier) pendant 12 mois pour les nouveaux comptes, avec des quotas suffisants pour expérimenter EC2, S3, Lambda, RDS et de nombreux autres services. C'est le meilleur terrain d'entraînement disponible, à condition de surveiller sa consommation pour éviter les surprises de facturation.

Les ressources officielles AWS. AWS met à disposition une plateforme de formation en ligne, AWS Skill Builder, avec des centaines de modules gratuits et payants. Les parcours officiels sont structurés par rôle (développeur, architecte, ops) et par niveau de certification.

Les formations diplômantes. Chez nous à Coda, nous intégrons le cloud AWS dans nos cursus de manière progressive : introduction aux architectures cloud en Bachelor, approfondissement sur les services d'infrastructure, de CI/CD et de sécurité en Master. L'objectif est que nos étudiants soient opérationnels sur AWS dès leur alternance ou leur premier emploi — pas seulement capables de réciter une définition.

Les projets réels. Comme pour tout outil technique, la maîtrise d'AWS s'acquiert par la pratique. Déployer une application web, automatiser des sauvegardes, mettre en place un pipeline CI/CD ou sécuriser un bucket S3 mal configuré : ce sont ces mises en situation concrètes qui fixent réellement les connaissances.

AWS n'est pas une mode. C'est depuis près de vingt ans l'infrastructure sur laquelle repose une part considérable d'Internet mondial. Pour un professionnel de l'IT — développeur, administrateur systèmes, DevOps, data engineer, architecte cloud ou expert cybersécurité — en ignorer les fondamentaux revient à se couper d'une part croissante du marché de l'emploi.

La bonne nouvelle, c'est que l'écosystème AWS est bien documenté, ses certifications sont accessibles avec de la rigueur, et les opportunités professionnelles pour ceux qui le maîtrisent restent parmi les mieux rémunérées du secteur tech. Si vous vous demandez par où commencer, notre conseil est simple : créez un compte Free Tier, lancez votre première instance EC2, et le reste suivra naturellement.

Clément JUPILLIAT
Directeur Marketing
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