ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral… Les grands modèles de langage (LLM pour Large Language Models) sont devenus des outils du quotidien pour un nombre croissant de professionnels du numérique. Pourtant, beaucoup les utilisent en deçà de leur potentiel, faute de savoir comment leur parler. C'est précisément ce que couvre le prompt engineering : l'art et la méthode de formuler des instructions pour obtenir des réponses précises, utiles et fiables de la part d'une IA. Cette compétence est donc devenue incontournable pour tout profil tech en 2026 — développeurs, data scientists, chefs de projet…
Avant d'apprendre à piloter un modèle, encore faut-il comprendre ce qu'il est. Un Large Language Model est un système d'intelligence artificielle entraîné sur des volumes massifs de texte. Son fonctionnement repose sur la prédiction statistique : à partir d'un texte en entrée (le prompt), il génère une réponse en prédisant, token par token, la suite la plus probable.
Les LLM les plus répandus aujourd'hui sont :
Comprendre cette mécanique de base est essentiel : un LLM ne "réfléchit" pas comme un humain. Il génère du texte vraisemblable. La qualité de votre prompt détermine directement la qualité de sa réponse.
Le prompt engineering désigne l'ensemble des techniques permettant de formuler des instructions (prompts) de façon à obtenir des résultats optimaux d'un LLM. Il ne s'agit pas de trouver des "formules magiques", mais de comprendre les mécanismes cognitifs simulés par le modèle pour mieux l'orienter.
Cette discipline est devenue un véritable métier — le prompt engineer — mais elle est également une compétence transversale que tout professionnel du numérique a intérêt à développer. Que vous automatisiez des tâches de développement, produisiez du contenu, analysiez des données ou construisiez des agents IA, la capacité à rédiger de bons prompts fait une différence mesurable sur la qualité des résultats.
Un prompt bien construit s'appuie sur plusieurs éléments combinables. En voici les principaux.
Donner un rôle au modèle améliore significativement la pertinence de ses réponses. En lui indiquant qui il est censé être, vous calibrez son registre, son niveau de détail et sa posture.
Exemple :
"Tu es un développeur senior spécialisé en Python. Explique-moi les différences entre une liste et un tuple, en ciblant un développeur junior."
Soyez explicite sur ce que vous attendez : rédiger, résumer, corriger, traduire, analyser, lister, classer… Un verbe d'action clair réduit l'ambiguïté.
Exemple :
"Rédige une fonction Python qui prend une liste de dictionnaires en entrée et retourne la liste triée par la valeur de la clé 'date'."
Plus le modèle dispose d'informations pertinentes sur votre situation, plus sa réponse sera adaptée. N'hésitez pas à lui fournir le contexte technique, professionnel ou éditorial dans lequel s'inscrit votre demande.
Précisez le format attendu : liste à puces, tableau, code commenté, JSON, texte court, plan structuré… Sans indication, le modèle choisit un format par défaut qui n'est pas toujours le plus utile.
Exemple :
"Retourne ta réponse sous forme de tableau avec deux colonnes : 'Avantages' et 'Inconvénients'."
Longueur, ton, langue, niveau de technicité, ce qu'il ne faut pas faire… Les contraintes négatives sont souvent aussi importantes que les instructions positives.
La forme la plus simple : vous posez directement votre question ou formulez votre tâche, sans exemple ni contexte supplémentaire. Efficace pour les tâches simples et bien définies.
Exemple :
"Explique ce qu'est une API REST en 3 phrases."
Vous fournissez au modèle un ou plusieurs exemples du résultat attendu avant de lui soumettre votre vraie demande. Cette technique améliore considérablement la cohérence des sorties pour des tâches répétitives ou aux conventions spécifiques.
Exemple :
"Voici comment je formate mes commits Git : feat: ajout de la page d'accueil fix: correction du bug d'affichage sur mobile Reformate ces messages de commit en suivant ce modèle : [liste de messages bruts]"
En demandant au modèle de "réfléchir étape par étape" avant de donner sa réponse, on améliore significativement ses performances sur les tâches de raisonnement, de débogage ou d'analyse logique.
Exemple :
"Analyse ce bug étape par étape, en expliquant ta démarche à chaque étape, avant de proposer une correction."
Déjà évoqué ci-dessus, cette technique consiste à assigner une identité précise au modèle (expert, professeur, critique, recruteur…) pour orienter son registre et son niveau d'exigence.
Pour les tâches complexes, vous pouvez demander au modèle de générer plusieurs réponses indépendantes, puis de synthétiser la plus fiable. Cela réduit le risque d'hallucinations sur des sujets sensibles.
Plutôt que de tout demander dans un seul prompt, décomposez votre tâche complexe en une série de prompts enchaînés. Chaque réponse devient l'entrée du prompt suivant. Cette technique est particulièrement adaptée à la construction d'agents ou de workflows IA automatisés.
Le prompt engineering est une compétence particulièrement utile dans les contextes techniques. Voici quelques cas d'usage pratiques.
"Tu es un développeur fullstack expert en Node.js et Express. Génère un endpoint REST en TypeScript qui accepte une requête POST contenant un objet { nom, email, message }, valide les champs, et enregistre les données dans une base MongoDB via Mongoose. Inclus la gestion des erreurs et les commentaires JSDoc."
"Voici une fonction JavaScript qui devrait filtrer les doublons dans un tableau d'objets par leur propriété 'id'. Elle retourne un tableau vide. Analyse le problème étape par étape et propose une correction : [code]"
"À partir de ce fichier de code PHP, génère la documentation au format PHPDoc pour chaque méthode publique. Sois exhaustif sur les paramètres, types de retour et exceptions possibles."
"Tu es un développeur senior spécialisé en tests. Pour la fonction suivante, génère des tests unitaires avec Jest couvrant : le cas nominal, les cas limites, et les cas d'erreur. [code de la fonction]"

Même avec les meilleures intentions, certaines habitudes dégradent la qualité des réponses d'un LLM.
Le prompt engineering n'est pas réservé aux chercheurs en IA. Au contraire, il est en train de devenir une compétence de base dans de nombreux métiers du numérique :
Nous intégrons cette réalité dans nos formations en développement web et en data science. Comprendre les LLM, savoir les interroger et les intégrer dans des projets réels est une compétence que nos formateurs transmettent dans des contextes concrets, pas seulement théoriques.
Le prompt engineering, c'est la capacité à dialoguer efficacement avec une intelligence artificielle. Ce n'est pas de la magie, ni une discipline réservée aux experts : c'est une méthode, que l'on acquiert par la pratique et par la compréhension des mécanismes sous-jacents des LLM. Plus vous comprenez comment un modèle fonctionne, plus vous êtes capable de formuler des instructions précises, de décomposer des tâches complexes et de critiquer les résultats qu'il vous retourne. C'est exactement le type de compétences que nous cherchons à développer chez Coda — des professionnels du numérique capables de travailler avec l'IA, en gardant leur esprit critique intact.
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Non, le prompt engineering ne nécessite pas de compétences en programmation pour un usage courant. En revanche, pour des applications avancées — comme la construction d'agents IA, l'automatisation de workflows ou l'intégration d'API — des notions de développement deviennent utiles. La maîtrise du langage naturel et la capacité à structurer une pensée logique sont les premières compétences requises.
Le prompt est l'instruction que vous envoyez à un modèle lors d'une interaction. Le system prompt est une instruction de niveau supérieur, définie en amont par le développeur ou l'opérateur du système, qui fixe le comportement général du modèle pour toute une session (ton, rôle, restrictions, etc.). Dans les applications professionnelles, les deux se combinent.
Les grands principes (rôle, contexte, format, chain-of-thought) sont transversaux et s'appliquent à la majorité des LLM actuels. Cependant, chaque modèle a ses spécificités : certains réagissent mieux à un ton direct, d'autres à des instructions très structurées. Il est recommandé d'adapter et de tester vos prompts selon le modèle utilisé.
C'est une question souvent posée. Si les modèles deviennent de plus en plus capables d'inférer l'intention derrière une demande floue, la capacité à formuler des instructions précises et à construire des chaînes de raisonnement complexes reste un avantage compétitif. Les professionnels qui comprennent les LLM en profondeur auront toujours un avantage sur ceux qui les utilisent en boîte noire.
